« Bernard de Ventadour » : Troubadour du moyen-âge


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Bernard de Ventadour

LA CHANSON (en provençal canso ou vers) est une chanson d’amour, poème clos, formé d’un nombre variable de strophes. La strophe initiale annonce la structure qui sera celle de toutes les suivantes (nombre de vers, nature des vers, disposition des rimes) ainsi que la mélodie, essentielle pour les troubadours. Toutes les longuers de vers, de un à quatorze pieds, sont possibles. Mais on constate la prédominance du décasyllabe, de l’octosyllabe et du vers de sept pieds. Il éxiste toutes sortes de façons de combiner les rimes, dont le troubadour joue avec virtuosité.

LE TROUBADOUR, celui qui « trouve », travaille sa chanson comme l’orfèvre un objet précieux. Au « trobar leu », ou style clair, s’oppose le « trobar clus », ou style fermé : le troubadour a recours à l’hermétisme pour chanter l’amour divin; le « trobar ric » tente de concilier les deux tendances, en recourant de façon systématique à des comparaisons empruntées au monde des animaux, de la mythologie et du roman.

Biographie de Bernard de Ventadour :

(source : http://francais.agonia.net)

Bernard de Ventadour ( en ancien occitan Bernartz de Ventedorn ), né vers 1145 à Ventadour, mort après 1195, est l’un des plus célèbres troubadours.

Sa Vie, très romancée car tirée des vidas écrites un demi-siècle plus tard par Uc de Saint-Circ, est mal connue. Il est dit fils d’un homme d’armes et d’une boulangère du château de Ventadour en Corrèze. Il n’est pas certain qu’il fût d’origine modeste et certains l’assimilent à un membre de la lignée des Ventadour qui mourut abbé de Saint-Martin de Tulle. Il devint le disciple de son seigneur, le vicomte Ebles III Lo Cantador qui l’instruisit dans l’art de la composition lyrique dite trobar. Il aurait composé ses premiers chants pour la femme du fils de ce seigneur, ce qui lui valut d’être chassé de Ventadour.

Il suivit alors jusqu’en Angleterre la cour d’Aliénor d’Aquitaine devenue l’épouse du roi Henri II Plantagenet, puis passa au service de Raymond V de Toulouse pour, selon sa vida, finir sa vie à l’abbaye de Dalon.

Ses chansons – cansons en occitan – sont riches et limpides, nourries de sentiments personnels. On le considère comme l’un des meilleurs musiciens de son temps et parmi les plus grands poètes de l’amour en langue d’oc.

Nom de naissance Bernart de Ventadorn
Activité(s) Troubadour et moine
Naissance v 1145 à Ventadour
Décès v 1195 à l’Abbaye de Dalon
Langue d’écriture occitan

Un chant de Bernard de Ventadour :

J’ai le cœur si plein de joie,
Qu’il transmute Nature :
C’est fleur blanche, vermeille et jaune
Qu’est pour moi frimas;
Avec le vent et la pluie
S’accroît mon bonheur.
Aussi mon Prix grandit, monte;
Et mon chant s’épure.
J’ai tant d’amour au cœur
De joie et de douceur,
Que gelée me semble fleur,
Et neige, verdure.

Je puis aller sans habits,
Nu dans ma chemise,
Car pur amour me protège
De la froide bise.
Mais est fol qui, hors mesure,
Devient indiscret.
J’eus donc souci de moi-même
Dès que j’eus requis
D’amour la toute belle
Dont j’attends tel honneur.
En lieu d’un pareil trésor
Je ne voudrais Pise.

D’amitié elle m’écarte!
Mais j’ai confiance,
Car d’elle j’ai du moins conquis
La belle apparence.
Et j’en ai, en la quittant,
Tant d’aise en mon âme
Que le jour de la revoir
Serai sans tristesse.
Mon cœur est près d’Amour :
Donc l’esprit là-bas court,
Mais le corps ici, ailleurs,
Est loin d’elle, en France.

Je garde bonne espérance,
– Qui m’aide bien peu –
Car mon âme est balancée
Comme nef sur l’onde.
Du souci qui me déprime
Où m’abriterai-je?
La nuit il m’agite et jette
Sur le bord du lit :
Je souffre plus d’amour
Que l’amoureux Tristan
Qui endura maints tourments
Pour Iseult la blonde.

Ah Dieu! que ne suis-je aronde
Pour traverser l’air,
Voler dans la nuit profonde
Jusqu’en sa demeure?
Bonne dame si joyeuse,
Votre amant se meurt;
Je crains que mon cœur se fonde
Si mon mal ne cesse…
Dame, je joins les mains,
Je prie : je vous adore.
Beau corps aux fraîches couleurs,
Bien cruel vous m’êtes!

Au monde il n’est rien à quoi
Mon esprit tant songe
– Si j’entends rien dire d’elle –
Que mon cœur ne tourne,
Que mon front ne s’en éclaire,
De quoi que je parle;
Aussitôt vous penserez
Que je voudrais rire.
Si pur est mon amour,
Que maintes fois je pleure,
C’est pour moi les soupirs
Ont saveur meilleure.

Messager, va et cours,
Dis moi à la plus belle
Que je pâtis pour elle
Douleur et martyre.