Au bonheur des dames… Emile Zola


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Au Bonheur des Dames est un roman d’Émile Zola publié en 1883, le onzième volume de la suite romanesque les Rougon-Macquart À travers une histoire sentimentale à l’issue inhabituellement heureuse, le roman entraîne le lecteur dans le monde des grands magasins, l’une des innovations du Second Empire. Le modèle du personnage d’Octave Mouret est Auguste Hériot, co-fondateur des Grands Magasins du Louvre.

Pour téléchargez gratuitement la version audio du livre: Cliquez ici

Ce roman a été adapté plusieurs fois au cinéma :   Au Bonheur des Dames par Julien Duvivier en 1930. Au Bonheur des Dames par André Cayatte en 1943. Pour visionner sur internet le film “au bonheur des dames” version 1943 : Cliquez ici

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Résumé du livre

Les débuts au grand magasin :

Denise Baudu, héroïne principale du roman, jeune fille Normande de vingt ans originaire de Valognes, arrive à Paris avec ses frères Jean et Pépé, âgés respectivement de seize et cinq ans. Leur père, dont ils portent tous les trois le deuil (ils sont en effet vêtus de noir dès leur arrivée à Paris au premier chapitre), est mort il y a un an environ de la même fièvre qui avait emporté leur mère un mois auparavant. Son oncle avait écrit à Denise à cette époque qu’il pouvait y avoir une place dans sa boutique à Paris. Mais depuis un an, les affaires ont périclité et il ne peut embaucher Denise.

Au Bonheur des Dames est à ce moment dirigé par Octave Mouret, fils de François Mouret et Marthe Rougon. Ce grand magasin prospère aux dépens des petites boutiques du quartier. Les Baudu, tenant le « Vieil Elbeuf » qui se trouve en face du Bonheur, sont exaspérés par les agrandissements successifs opérés par Mouret. Ils ont en effet connu la boutique, fondée par les frères Deleuze, à l’époque où elle avait une taille modeste. Mouret est devenu propriétaire de la boutique en épousant, dans Pot-Bouille, Mme Caroline Deleuze veuve Hédouin, qui mourra peu après, des suites d’une chute sur le chantier du magasin.

Les Baudu sont particulièrement heureux du fait de leur attachement aux pratiques commerciales traditionnelles, et souhaitent que leur boutique reste telle qu’elle est. Plus tard dans le texte, certains membres de leur famille vont eux-mêmes succomber à cet acharnement et à ce désespoir, voyant le grand magasin provoquer alors petit à petit leur totale faillite.

Denise, ne trouvant de place dans les petites boutiques, décide d’aller chercher du travail au « Bonheur des Dames » grâce à l’aide d’un ami de son oncle qui travaille au Bonheur, et ce malgré l’avis défavorable de son oncle. Grâce à Mouret, qui l’a remarquée malgré ses allures de paysanne, elle est engagée au rayon des confections. Mais elle doit subir les railleries des vendeuses qui, se moquant de ses souliers et de sa chevelure difficile à coiffer, ne lui laissent aucune vente importante. Ainsi, fatiguée de ranger les manteaux dépliés, elle s’inquiète, le soir dans sa chambre, de la pension qu’elle doit payer pour faire garder Pépé par une vieille dame. Jean, ne comprenant pas son désespoir, lui demande d’importantes sommes d’argent qu’elle gagne difficilement pour se dépêtrer de ses aventures amoureuses, manipulant sa sœur en se décrivant comme constamment au centre d’intrigues rocambolesques et désespérées.

Denise aussi commence son éducation sentimentale : avec son amie Pauline Cugnot, des lingeries, elle s’intéresse un peu aux histoires de cœur de son comptoir. Pauline lui conseille de prendre un amant pour subvenir à ses besoins financiers. Mais Denise ne peut supporter l’idée même : elle préfère se fatiguer à faire des nœuds de cravate la nuit. Mais, en même temps, touchée par la galanterie hypocrite de Hutin qui se moque d’elle dans son dos, elle s’en croit amoureuse. Petit à petit, naît entre elle et Mouret une sorte de complicité dont aucun des deux ne comprend qu’il s’agit en fait d’un véritable coup de foudre : en effet, ni l’un ni l’autre ne savent ce qu’est l’amour, qu’il s’agisse de la naïve Denise ou du déjà trop expérimenté Mouret, habitué à des relations sans lendemain.

Elle discute souvent avec son amie Pauline et va souvent voir Robineau : l’inspecteur Jouve l’a remarqué, mais n’en informe pas la direction, qui est très stricte : pas de bavardages, pas d’amants, il faut dormir la nuit. En juillet, Denise s’inquiète : c’est la morte-saison, l’époque des renvois. Bourdoncle, l’adjoint tyrannique de Mouret, renvoie pour un rien, de plus il n’apprécie pas trop Denise, qui pense que si quelqu’un du comptoir doit être éliminé, ce sera elle. En réalité, Bourdoncle ne fait qu’exécuter les ordres de Mouret : celui-ci veut rester un patron paternaliste, mais reste tenté de licencier pour économiser.

Un jour de juillet, Jouve qui n’a rien dit à Bourdoncle sur Denise et Pauline, espère « se faire remercier » de Denise (il lui fait des avances, comme à d’autres vendeuses). Celle-ci refuse catégoriquement, et Jouve veut se venger. Un peu plus tard, à l’heure du déjeuner, elle rencontre Jean qui veut encore une fois lui demander de l’argent. Le problème, c’est que la rumeur court que Jean serait l’amant de Denise et Pépé son enfant (on ne sait pas qu’ils sont frères et sœur). Elle se fait alors surprendre par Jouve qui fait cette fois son rapport à Bourdoncle. Denise est donc renvoyée. C’est à ce moment-là que les autres personnages commencent à sentir la tendresse de Mouret pour Denise : Jouve préfère voir Bourdoncle plutôt que Mouret qui l’accueille dans son bureau « par un instinct », et Bourdoncle préfère tout de suite passer au renvoi sans consulter Mouret, de peur d’une « faiblesse ». Mouret est alors victime de son système : apprenant le renvoi de Denise, il s’énerve contre Bourdoncle car il voit là une tentative d’échapper à son pouvoir (alors qu’il s’agit du fonctionnement habituel). Il se renseigne et parle même de réembaucher Denise : une bien étrange attitude aux yeux de Bourdoncle. Denise, renvoyée, aimerait aller se justifier auprès de Mouret, en expliquant que Jean et Pépé sont ses frères, même si cela n’a aucune incidence sur son emploi. Mais elle ne s’y résout finalement pas.

Le passage par les petites boutiques :

Denise loue alors une chambre chez Bourras, un artisan qui fabrique des parapluies. Il l’embauche même par charité. Denise est ensuite vendeuse chez Robineau qui a repris une des boutiques du quartier. Celui-ci, aidé par Gaujean, un petit tisserand lyonnais, décide de batailler contre le Paris-Bonheur de Mouret, la soie miracle. Lui aussi décide de créer sa faille (soie noire). Mais Mouret baisse le prix du Paris-Bonheur devant les yeux effarés de ses salariés et le vend à perte. Robineau le suit, baisse le prix de sa faille. Finalement, c’est Mouret qui gagne la partie, Robineau est ruiné.

Denise, un an après son renvoi, promène comme d’habitude Pépé aux jardins des Tuileries. C’est là qu’elle rencontre Mouret, qui se rend chez Mme Desforges, une maîtresse dont il se sert pour approcher le baron Hartmann, important financier du monde parisien. Mouret préfère retarder sa visite et se promener avec Denise, qui veut repartir. Il lui propose de réintégrer le Bonheur des dames et discute avec elle des grands magasins. Il se rend alors compte qu’elle lui « chauffe le cœur ». Mouret va même jusqu’à prétexter n’importe quoi pour rester avec elle. La scène est décrite comme une nuit passée (« un brusque réveil ») : mais finalement, il s’en va, se rend compte en apercevant les fenêtres de Mme Desforges qu’il ne peut la retenir davantage.

Le retour triomphal :

(Manuscrit d’Au Bonheur des Dames.)

Peu après, Denise Baudu revient au « Bonheur » en tant que vendeuse appointée, à la grande joie de Mouret. Cela comporte des inconvénients : dès que Mouret parle, tout le monde chuchote en la cherchant des yeux. Pauline aiguise, sans que Denise le sache, sa jalousie, en lui faisant la description complète des caprices de Mouret avec Clara, une vendeuse. Deloche, un vendeur aux dentelles qui s’amourache de Denise, est toujours triste. Mme Desforges, vient au Bonheur accompagnée de Bouthemont, un premier à la soie, pour voir le « caprice de Mouret ». Bouthemont lui a seulement dit qu’elle était à la confection. Du coup, elle croit que Denise est cette maîtresse. Mme Marty lui dit que non, que c’est Clara Prunaire, mais elle n’a plus de doute à la vue de l’attitude de Mouret avec Denise. Elle se venge déjà en faisant tourner Denise en rond dans le magasin, puis invente un stratagème pour « convaincre Mouret de sa trahison ». Le directeur du Bonheur promeut, le soir, Denise seconde vendeuse du rayon confections et cherche à la séduire avec la recette de la journée, mais cela échoue : non seulement elle refuse les avances de Mouret mais, en plus, la vue de l’argent la blesse. Elle est cependant bouleversée par l’affaire (elle l’aime). Bourdoncle, qui pressent une liaison sérieuse, arrive dans le bureau sous prétexte d’un record de fréquentation, au grand dam de Mouret.

Le jour de l’inventaire, Denise reçoit une lettre de Mouret qui l’invite à dîner le soir avec lui. Elle est au courant des légendes au sujet de ce dîner : après, il y a le « dessert »; Clara et d’autres y sont déjà allées. Denise refuse le dîner mais prend conscience que sa jalousie a pour origine l’amour qu’elle éprouve pour lui. Puis, après, avec un stratagème de Mme Aurélie qui est complaisante envers Mouret, elle se retrouve avec lui. Elle refuse toujours ses avances, malgré des discours destinés à l’apitoyer, parlant de famille, allant jusqu’aux pleurs. Il utilise les arguments de l’argent, évoque l’entorse que Denise s’est faite… Elle se défend sans maladroitement. Il devient brutal, mais Denise refuse d’être une aventure de passage, à l’étonnement croissant de Mouret. Denise s’en va et il la suit d’un regard désespéré.

Mme Desforges imagine de faire venir Denise chez elle pour retoucher un manteau et de l’humilier en présence de Mouret. Ce dernier ne la voit presque plus et ne se rend chez elle que dans le but de voir le baron Hartmann. Comme il s’ennuie chez elle, il se fait accompagner de son ami Paul de Vallagnosc. Mouret, après avoir compris que Denise faisait une retouche chez Mme Desforges, s’inquiète de plus en plus. Elle excite la jalousie de Denise et l’insulte. Mouret, après bien des tentatives, y met fin et la console. Mouret rompt enfin avec Mme Desforges.

Mouret finit alors par comprendre, devant l’insuccès de ses offres matérielles, que Denise éprouve des sentiments sincères pour lui et que l’argent n’y entre en aucune part. Pour Mouret, c’est bien une race de fille inconnue (voir Pot-Bouille). En effet, il n’a été habitué qu’à celles que l’argent faisait fondre. Mouret est alors obsédé par Denise (il en rêve la nuit) qui le suit partout avec lui (conseils désintéressés, inspection, discussion avec des banquiers…). Mouret joue alors la tactique de l’amitié. Il s’entame alors de longues discussions dans lesquelles Denise lui suggère de créer un orchestre et de faire des mesures pour améliorer la vie des salariés.

Bourdoncle excite la jalousie de Mouret en disant qu’elle a plusieurs amants dans le magasin. Mouret profite d’une erreur de Hutin, un des « amants », pour laisser libre cours à sa rancune. Hutin est sûr que c’est à cause de Denise. Il se venge en profitant d’un moment où Denise parle avec Deloche en train de pleurer. Il appelle Bourdoncle qui appelle Mouret. Celui-ci a une explication avec Denise dans le bureau. En réalité celle-ci s’est simplement fait aborder dans l’atelier pour parler du Cotentin. L’explication d’un directeur avec sa vendeuse devient très rapidement une scène de jalousie passionnée. Mouret reproche à Denise ses amants. Elle n’en a aucun et préfère partir de la maison. Mouret, amoureux fou, barricade la porte. Finalement Denise est nommée première d’un rayon de confections pour enfants.

Un jour de grande vente de blanc, Mouret, en voyant Denise s’occuper de ses frères comme de bébés, la demande en mariage. En effet, celui-ci est désemparé par le prochain départ de Denise. Celle-ci refuse (car elle ne veut s’occuper que de ses frères) puis, sous les pleurs de Mouret lui reprochant d’être amoureuse d’un autre, elle finit par lui avouer que celui qu’elle aime, c’est lui ! Elle accepte finalement le mariage en pleurant autant que Mouret. On sent tout au long du roman une fascination de Zola pour ce grand magasin, même s’il en fait un monstre engloutissant vendeuses et clientes. Selon Fabienne Robert, il pense que le succès des grands magasins, inévitable, est une bonne chose, même s’il s’accompagne de la ruine des autres commerces et de conditions de travail particulièrement dures.

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