« André Le Nôtre » le jardinier du Roi!


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1613 – 1700

André Le Nôtre est fils et probablement petit-fils de jardiniers des Tuileries. Son père, Jean, porte, depuis 1625, le titre de dessinateur des plants et jardins, et partage la responsabilité des Tuileries avec Claude Ier Mollet. Son grand-père serait Pierre Le Nôtre, chargé en 1572 de l’entretien des parterres aux Tuileries.
Le Nôtre épouse, en 1640, Françoise Langlois, fille d’un commissaire ordinaire de l’artillerie de France ; leurs trois enfants meurent en bas âge. Toutefois, la tradition se perpétue puisque deux des trois soeurs d’André s’allient à des jardiniers. Françoise épouse Simon Bouchard, responsable des orangers des Tuileries, charge qui est transmise à la mort de ce dernier à ses enfants. Elisabeth se marie avec le jardinier Pierre Desgots, qui travaille notamment à Chantilly, et leur petit-fils Claude Desgots sera le plus proche collaborateur d’André.

Les Tuileries, un site quasi familial :

Les jardiniers sont logés dans ou à proximité des jardins dont ils ont la charge. Le Nôtre est ainsi né, en 1613, aux Tuileries. Il y passe sa jeunesse, et une partie de sa formation se déroule dans la galerie du Bord de l’eau du Louvre réservée aux artistes. A partir des années 1630, Le Nôtre travaille dans le jardin sous les ordres de son père et de Claude Ier Mollet avant d’obtenir, en 1637, le brevet de jardinier des Tuileries. Il conserve la direction du jardin jusqu’à sa mort.

Dans son adolescence il apprendra les mathématiques , la peinture et l’architecture et entre dans l’atelier Simon Vouet qui est le premier peintre de Louis XIII. Il y étudiera les principes du classicisme , notamment ceux de la perspective et se liera d’amitié avec Charles Le Brun également apprenti. Il travaillera plus tard avec François Mansart . C’est seulement assez tardivement vers ses 40 ans qu’il décidera de se spécialiser dans la Jardinerie.

Grâce à Charles Le Brun qui va présenter Le Nôtre à Nicolas Fouquet , ce sera  le premier à lui proposer

un  rôle à la mesure de son talent pour le château de Vaux le Vicomte. En effet il s’agira de sa première grande œuvre personnelle. Les  œuvres précédentes ont surtout consisté à améliorer, modifier ou recréer un jardin existant. En compagnie de ses amis Charles Lebrun et le Vau, ils vont à eux trois faire de ce château l’un des plus beaux et plus novateur de son époque.

Paradoxalement c’est peut être  l’arrestation de Nicolas Fouquet qui va permettre au Jardinier de participer à l’élaboration de plusieurs grands domaines d’Ile-de-France et à l’étranger.

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Cliquez sur l’image pour découvrir : Science, technique et complexité du Travail d’ André LeNôtre

Des débuts tardifs :

Le Nôtre n’est pas un créateur particulièrement précoce. Même s’il devient à vingt-deux ans premier jardinier de Monsieur, il ne réalise ses grandes oeuvres qu’au-delà de la quarantaine. Le jardinier travaille ainsi dans un premier temps à l’entretien des Tuileries ainsi que pour les jardins du Luxembourg, du Palais-Royal et de Fontainebleau.
Le jardin de Diane à Fontainebleau - XVIIe siècle
> Le jardin de Diane à Fontainebleau
Le Luxembourg, parterre de broderie
> Le grand parterre du jardin du Luxembourg
Le chantier qui le révèle est celui de Vaux-le-Vicomte, réalisé pour Fouquet à partir de 1652, et auquel Le Nôtre contribue magistralement de 1657 (peut-être même 1652) à 1661, date de la disgrâce du ministre.
Vue et perspective du jardin de Vaux-le-Vicomte, dessin d'Israel Silvestre - inv 33028 - © RMN / Photo J. G. Berizzi
>Vue et perspective du jardin de Vaux-le-Vicomte
Vue et perspective du parterre de fleurs de Vaux-le-Vicomte, dessin d'Israel Silvestre - inv 33024 - © RMN / Photo M. Bellot
>Vue et perspective du parterre de fleurs de Vaux-le-Vicomte
A la même époque, il double son activité de jardinier d’un office lucratif puisqu’il acquiert, en 1657, la charge de contrôleur général des bâtiments du roi. Ce poste, très prenant, nécessite des compétences variées : Le Nôtre doit faire surveiller des travaux les plus divers, touchant notamment à la serrurerie, la sculpture, la maçonnerie…, en rendre compte au surintendant et contrôler les mémoires des entrepreneurs en vue de leur paiement par les trésoriers généraux.

Lenôtre, un courtisan habile :

La légende a fait de Le Nôtre un jardinier brave et chaleureux, ami du grand roi, au verbe libre et à la bêche sur l’épaule.Toutefois, la simplicité supposée du  » bonhomme  » s’allie mal à la renommée du personnage qui s’étend à toute l’Europe.Un grand nombre d’anecdotes reprises et embellies dans les ouvrages successifs qui lui sont consacrés contribuent à cette image. Certaines sont attestées par les archives : ainsi au cours de son voyage à Rome, Le Nôtre, comme il le confirme dans un courrier au Grand Condé, a bien l’honneur « d’embrasser notre saint-père le pape et de baiser sa mule« . D’autres hauts faits sont à considérer avec plus de recul…
image d'Épinal dans 'Les jardins, histoire et description', Arthur Mangin, Tours, Mame, 1867 - coll. part.
> Louis XIV proposant son carosse à Le Nôtre
image d'Épinal dans 'Les jardins, histoire et description', Arthur Mangin, Tours, Mame, 1867 - coll. part.
> Le Nôtre devant le Saint-Père

A travers les quelques courriers qu’il a laissés, Le Nôtre apparaît comme un homme d’esprit et un courtisan subtil, soucieux de sa gloire et toujours prêt à recommander ses proches. Ce modeste, très respectueux des hiérarchies sociales, pratique une franchise calculée. Sous un naturel probablement travaillé, qui le place à l’écart des intrigues de la Cour, il sait s’attirer les bonnes grâces d’un roi passionné de jardins.

Un produit de la culture technique et artistique du XVIIe siècle : 

La Prudence amène la Paix et l'Abondance,  Simon Vouet - 83EE218/RF 1961-12 - © RMN / photo G.Blot / C.Jean
> La Prudence amène la Paix et l’Abondance, tableau de Simon Vouet

S’il se plaît à rappeler qu’il a débuté une bêche à la main, Le Nôtre a certainement complété son apprentissage sur le terrain par une formation artistique et une connaissance pratique des techniques de son époque.
Selon ses contemporains, sans qu’aucune archive cependant ne le confirme, Le Nôtre aurait ainsi passé six années dans l’atelier de Simon Vouet au Louvre.
Les apprentis et les collaborateurs du premier peintre de Louis XIII réalisaient aussi bien les dessins de motifs floraux pour des tapisseries que des fonds de perspective pour les tableaux du maître.

Plan de la Grande Terrasse, 1669 - Le  Nôtre - Ms1307, tome II, f°17. - © Bibliothèque de l'Institut de France

C’est au cours de cet apprentissage que le jardinier aurait rencontré le peintre Le Brun , qu’il retrouve par la suite sur les chantiers de Vaux et de Versailles. Le Nôtre semble par ailleurs bien appliquer un certain nombre de techniques du XVIIe siècle.

Ses constructions dans l’espace prouvent qu’il maîtrise les lois de la perspective et de l’optique. De même, comme tout jardinier de son temps, il connaît la nature des sols et possède un véritable savoir-faire en matière d’hydraulique.

Il conçoit avec la même assurance des ouvrages de grande envergure telle la terrasse de Saint-Germain-en-Laye sur 2,2 km (1669) ou, témoignant de son talent de dessinateur, des projets décoratifs comme, en 1684, celui d’une cascade d’un goût résolument baroque.

Un collectionneur reconnu :

Bénéficiant de revenus considérables, Le Nôtre rassemble, à partir des années 1650, une collection d’oeuvres d’art d’une réelle cohérence. Celle-ci comprend des tableaux de peinture italienne, mais aussi hollandaise et flamande, des sculptures, des porcelaines et surtout en grand nombre des médailles modernes et des estampes. Proposée aux amateurs à partir de 1670-1675, la collection révèle le goût éclairé de son propriétaire, ainsi que son accession à un statut social élevé. En 1693, Le Nôtre donne à Louis XIV près de soixante-dix tableaux, bronzes, bustes en marbre et porcelaines. Par ce geste, le jardinier exprime sa reconnaissance au roi.
Nicolas Poussin, La femme adultère - Musée du Louvre, inv.7282 - © RMN
>La femme adultère, peinture de Nicolas Poussin, donné par Le Nôtre à Louis XIV en 1693
Port de mer au soleil couchant - Claude Gellée  - Musée du Louvre, inv.4715 - © RMN - Photo G. Blot / J. Schormans >Port de mer au soleil couchant, peinture de Claude Gellée, donnée par Le Nôtre à Louis XIV en 1693
Parmi ces oeuvres, on trouve trois Poussin, un Dominiquin et deux Claude Gellée, exposés aujourd’hui au Musée du Louvre.Le Nôtre possédait plusieurs centaines de tableaux de maîtres qu’il donna en partie à Louis XIV : (sélection)

  • De l’Albane, Actéon métamorphosé en cerf, Salmacis et Hermaphrodite, Apollon et Daphné, Louvre ;
  • De Cornelis Van Poelenburgh, La lapidation de Saint Étienne, Louvre ;
  • De Nicolas Poussin; Le Christ et la femme adultère, Moïse sauvé des eaux, Saint Jean baptisant le peuple, Louvre ;
  • Du Dominiquin, Adam et Ève, musée des Beaux-arts de Grenoble.
Cliquez sur l’image pour accéder à l’historique des 7 Jardins revisités par LeNôtre

Autres jardins de Le Nôtre :

  • jardin de l’évêché de Castres (Tarn)
  • jardin du château de Sceaux
  • jardins du château de Chantilly (Oise)
  • jardins du château de Vaux le Vicomte
  • jardins du château de Saint-Cloud
  • jardins du château de Saint-Vallier (Drôme) ;
  • jardins du parc de l’Orangerie à Strasbourg (Alsace) ;
  • jardins du château de Bercy à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) ;
  • jardins du château de Meudon (Hauts-de-Seine) ;
  • jardins du château de Chambonas (Ardèche) ;
  • jardins du château du Fayel (Oise) ;
  • jardins du château de Cordès près d’Orcival (Puy de Dôme) dessinés en 1695 ;
  • jardins du château de Boury-en-Vexin, Oise;
  • jardins du château de Versigny, Oise;
  • jardins du château d’Ancy-le-Franc (Yonne)
  • jardins du château de Wattignies (Nord)
  • jardins privés des châteaux de Fosse belaude, de Coquille et de Miramion à Saint Jean de Braye (Loiret)12.
  • jardins du château de Balleroy à Balleroy (Calvados)
  • jardins du château de Benainvilliers
  • les jardins des Tuileries à Paris, 1er arrondissement
  • jardins du château de Jumilhac

Avenues :

  • Avenue du Château de Hauteville à Charchigné
  • Avenue du Château de Lucinière à Joué-sur-Erdre

Le Jardinier se retire :

En dépit des honneurs dont Louis XIV couvre son jardinier et de son offre de l’accueillir à Versailles, Le Nôtre reste très attaché à sa maison. Située à proximité du pavillon de Marsan, celle-ci abrite son agence et sa collection. C’est dans cette demeure que le jardinier se retire et meurt le 15 septembre 1700. Il est enterré à proximité immédiate du jardin dans l’église Saint-Roch.

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Sources Principales de cet écrit, recueil d’informations diverses et variées « compactées » en un article:

(1) Le château de Vaux le Vicomte

(2)  (http://youtu.be/BEf7uUL1e-Q)

(3) http://www.lenotre.culture.gouv.fr/fr/ln/index.htm (incontournable)

(4) http://www.filmsdocumentaires.com/films/1766-un-jardinier-a-versailles

(5) Bibliothèque nationale de France

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